Les plans de joint
Le plan de joint est le plan de coupe qui délimite les différentes parties d'un moule en tenant compte des rétentions.
Avant le moulage, il est impératif de bien déterminer les plans de joints des différentes pièces pour qu'elles se démoulent sans se casser ou endommager le modèle.
Elles doivent aussi se juxtaposer parfaitement pour constituer un moule complet.
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On dit que l'on"raisonne" le moule.

Les plans de joints sont très importants puisqu'ils permettent d'isoler et de réduire les difficultés de moulage (rétentions). Plusieurs procédés sont employés, qui dépendent de la nature du support, du matériau et de la technique de moulage retenus,

Plan de joint au fil
Cette technique est propre à l'utilisation du plâtre.
On colle avec un peu de plâtre liquide un fil de lin ou de laiton sur tout le tracé du plan de joint en le faisant dépasser largement à chaque extrémité, puis on dépose une couche de plâtre d'épaisseur constante sur le modèle.
Au moment où celui-ci commence à prendre, on tire sur le fil perpendiculairement au modèle.
Le fil coupe le plâtre et le démoulage devient alors possible.

Ce procédé ne s'emploie plus beaucoup, sauf peut-être pour le moule creu perdu et pour le moulage du corps (le fil est alors collé à l'aide de scotch double-face transfert), c'est une technique qui recèle trop de difficultés pour le débutant
- Impossibilité de tailler des repères ou des clés pour permettre le bon replacement des pièces du moule.
- Il faut utiliser un fil assez résistant, car il risque de se rompre.
- Le moment de tirer sur le fil est délicat à trouver. Trop tôt, le plâtre se ressoude - trop tard, il ne se coupe pas.

Plan de joint " direct "

Cette technique est employée pour le moule en plâtre " à pièces ". Il existe de nombreux ouvrages sur le plâtre qui traitent de ce sujet. Notre but étant surtout de parler des techniques et des matériaux nouveaux, nous lui préférons le moule en résine stratifiée.
Néanmoins, c'est un procédé de moulage qui a fait ses preuves puisque c'était pratiquement le seul utilisé jusqu'au milieu de ce siècle. Il s'inscrit dans l'histoire du mou lage et permet de mieux comprendre le formidable progrès que constitue l'arrivée des matières plastiques (résines élastomères, etc.). Nous en abordons seulement ici les principes. On "raisonne " le moule en tra- çant au crayon le contour des pièces à réaliser.

On applique le plâtre par estampage en respectant les contours.
Puis on taille au couteau la pièce ainsi réalisée. Si on la décolle du support, il faut la remettre soigneu sement en place et la faire tenir au moyen d'un fer en U.
On dispose des repérés entre chaque pièce en tenant compte de leur orientation, car ils ne doivent pas empêcher ou gêner le démoulage. On forme une autre pièce en s'ap- puyant sur la portée déterminée par la pièce précédente et ainsi de suite jusqu'à recouvrir totalement le modèle à reproduire.

PLan de joint en clinquants

C'est la technique employée pour ou du scotch. le moule perdu en plâtre sur argile ou sur plastiline (voir p. 37). On découpe dans du clinquant (feuille de métal : cuivre, laiton, aluminium; Rhodoïd de faible épaisseur) des carrés de 5 à 10 cm de côté. On dispose ces petites plaquettes en les enfonçant perpendiculairement sur tout le tracé du plan de joint, en les faisant se chevaucher l'une sur l'autre Si celles?ci ne sont pas parfaitement ajustées, il est possible de les faire tenir avec de la colle instantanée ou du scotch.

Plan de joint en murets
C'est la technique de plan de joint la plus employée, et de loin la plus pratique. Elle permet de résoudre toutes les difficultés.

Très utile pour le moule en platre "à pièces" en remplacement du plan de joint atille directe. Elle sert surtout pour le moule estampé en résine stratifiée et le moule en élastoimère estampé ou coulé sous chape.

La marche à suivre est la suivante: On raisonne le moule en traçant le plan de joint au creayon. On fabrique des bandes de pâte (terre ou pâte à modeler) assez larges et d'uen épaisseur de 3cm environ. Il est aussi possible d'épouser les contours en découpant des plaques de bois.

On colle les bandes perpendiculairement au tracé du plan de joint en prenant soin de les soutenir et de les renforcer avec des boulettes de pâte. Lisser ensuite soigneusement et tailler des repères
Si les bandes accrochent mal, sur du bois ou du plâtre, il faut planter des pointes tous les 15 cm environ et les relier avec un fil de fer ou de laiton. Ainsi la pâte viendra s'y accrocher.

Attention aux bandes de terre, elles se déshydratent et se décollent. Il faut mouler rapidement ou les garder constamment humides en vaporisant de l'eau ou, mieux encore, de la gomme-laque une fois pour toutes.

Dans le cas d'un moule par "estampage" ou par "coulée sous chape" de matériaux souple comme l'élastomère de silicone ou de 2 polyuréthane, la "portée" doit être plus large que décrit précédemment.
Les murets sont plus épais et mieux renforcés pour recevoir les deux matériaux de moulage, le souple constituant la membrane, le rigide la chape.
Lorsque la forme à mouler est de petite taille (statuette, santon), il n'est pas toujours possible de placer une bande de terre. On doit alors noyer l'objet dans la pâte jusqu'au tracé du plan de joint.



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